Les Garrigues

Palier médian entre les Cévennes et la basse plaine languedocienne la région des garrigues gardoises s’étend sur plus de 2500 km2. Une analyse détaillée permet d’identifier plusieurs petites unités qui suggèrent la complexité relative du relief. Cependant de manière globale, on rencontre deux types de paysages : les massifs des garrigues carbonatées et les bassins et vallées déprimés.

C’est essentiellement au tertiaire et au début du quaternaire que se sont mis progressivement en place les éléments principaux de la topographie actuelle des garrigues.
L’édifice hercynien qui s’étend sur toute la France est raboté durant cent milliers d’années puis recouvert au jurassique par une mer épicontinentale dans laquelle se déposent des sédiments divers. Sur ce milieu sédimentaire les transgressions et régressions marines se succèdent jusqu’au début du quaternaire ; simultanément, des mouvements tectoniques affectent aussi la région :
– la zone des garrigues actuelles se soulève et se plisse modérément alors que les unités intermédiaires seront encore envahies soit par des mers soit par des eaux continentales,
– des failles disloquent la région et imposent leur marque au paysage, comme celle de Nîmes qui délimite encore aujourd’hui
le rebord méridional de la garrigue. Ce jeu de failles explique aussi les différences d’altitude entre les surfaces d’érosion (280 à 300 m au nord et 180 à 200 m au sud).

En conclusion dans le relief actuel les surfaces subhorizontales mais étagées des plateaux du crétacé, séparées par les dépressions synclinales du tertiaire et du quaternaire restent les marques caractéristiques de cette région.

Le modelé des plateaux calcaires n’est pas sans rappeler celui des causses. Si les dolines et poljés sont plus rares, des formes plus visibles telles les canyons, vallées sèches et avens attestent du modelé karstique des plateaux des garrigues gardoises.

Le réseau hydrographique ne correspond pas à la structure. La Cèze et le Gard suivent un cours orienté nord-ouest/sud-est, donc transversal par rapport aux grands accidents tectoniques. Ces rivières recoupent les zones de terrains tendres des bassins tertiaires et celles plus dures des plateaux calcaires en y dessinant de beaux canyons.
Aux plus remarquables, ceux de la Cèze et du Gard (allogènes) s’ajoutent des petits canyons de cours d’eau autochtones qui à leur échelle ne le sont pas moins : Doulibre (Lens), Seguissous, Alauzène, Merderis, Aiguillon, Avègue, Valliguière (Garrigues de Lussan), Bourdic, Seynes, Alzon (Gardonnenque). Leur profondeur n’est pas considérable, 130 à 150 m de commandement pour la Cèze et le Gard, souvent moins de 100 m pour les autres. Leur longueur s’échelonne de moins d’un kilomètre (Alauzène) à quelques 29 km (canyon du Gardon). Les flancs des canyons vont de la paroi unique, verticale et nue, aux versants composés d’éboulis et de replats. Les pentes des thalwegs parfois importantes expliquent la présence par endroits de cascades et de marmites de géants, comme le long de la Cèze. Autre élément important du modelé superficiel des garrigues gardoises, les nombreuses vallées sèches, vallées sans écoulement tout le long de l’année sauf après de très gros orages. Souvent largement évasées, mais parfois encaissées, elles sont le témoignage d’une ancienne circulation des eaux en surface, aujourd’hui disparue. Pour en terminer avec ces formes de reliefs de surface, il faut mentionner l’abondance des lapiés.
Au total les eaux superficielles sont peu abondantes et très largement récupérées souterrainement. Ce fait n’est pas sans influence sur le modelé et les phénomènes karstiques. Cette région du Gard est aussi « trouée » que les Grands Causses : 335 avens, 296 grottes, 247 sources.
Le drainage est le fait de deux fleuves, le Rhône à l’est et le Vidourle dans le coin sud-ouest. Au second se raccordent en rive gauche quelques « rivières » toutes temporaires issues des bassins de Lédignan (Courme, Crieulon) et de Saint-Mamert /Sommières (Aigalade, Corbières). Outre l’Ardèche située à l’extrême nord-est de la carte, le Rhône reçoit deux tributaires principaux, au nord la Cèze, au sud le Gard.

Typiquement méditerranéens, ces cours d’eau d’origine cévenole ont des régimes très irréguliers. Aux crues souvent énormes d’automne (plus de 5 000 m3/s à Ners le 30 septembre 1958) et de printemps, s’opposent les eaux moyennes d’hiver et les étiage estivaux. Certaines portions tarissent même régulièrement, la Cèze sur 1 à 3 km dans son canyon aval, le Gard sur plus de 10 km dans le bassin de St-Chaptes et dans son canyon. Les affluents de ces rivières sont soit temporaires sur tout leur cours, soit pérennes, mais à débit minimal très bas (moins de 500 I/s) dans les secteurs aval et amont.

Ces garrigues se trouvent à l’abri des influences atlantiques atténuées par les Cévennes, elles jouissent d’un climat méditerranéen caractéristique avec des constantes bien marquées dans les moyennes comme dans les extrêmes.
Les étés sont chauds et secs, les hivers doux. Sur des séries supérieures à 25 ans, la température moyenne annuelle élevée varie de 12° dans le nord du département et au pied des Cévennes à plus de 14° au sud-est entre Remoulins et Sommières. En moyenne, pour l’ensemble de la région le printemps est doux, 13°4, l’été précoce et chaud (plus de 21°), l’automne le plus souvent doux (plus de 14°) et l’hiver clément, 5°. Les gelées sont d’autant moins fréquentes que l’on s’approche du littoral. Les extrêmes sont très prononcés, ainsi ceux de l’année 1956 à Nîmes : -13°6 à 40°6 .
Les précipitations relativement abondantes sont irrégulières et souvent orageuses. Amenées par le vent humide du sud-est, elles varient de 750 à 1100 mm. L’automne est toujours la saison la plus pluvieuse, viennent ensuite printemps, hiver, et été. Ces pluies souvent torrentielles profitent peu à la végétation et entraînent une érosion rapide des sols. Quelques moyennes annuelles sur plus de 50 ans : 739 mm à Nîmes, 826 mm à Uzès, 991 mm à Alès. Notons aussi quelques records : plus de 220 mm à Vergèze le 26 octobre 1977. Les chutes de neige sont toujours très faibles et limitées dans le temps.
Le vent du nord, le mistral, froid sec et violent, est assez fréquent et participe à la grande luminosité de cet ensemble : la moyenne d’ensoleillement à Nîmes est de 2713 heures par an. Il favorise l’importante évaporation croissante du nord au sud. L’aridité estivale générée par ce climat est très importante et cruciale pour la végétation Méditerranéenne. Au sud-est d’une ligne Sommières-Uzès-Chusclan, la durée de cette sécheresse est égale ou supérieure à 2 mois.

Le surface agricole occupe une place importante, souvent localisée dans les parties basses : le vignoble est le mieux représenté, accompagné çà et là par des vergers, des cultures maraîchères et de plus en plus par des céréales.

Mais c’est la garrigue qui forme l’essentiel du paysage : cette formation végétale particulière groupe des « landes » et des « forêts » qui sont souvent imbriquées par taches aux limites floues. On passe graduellement de peuplements forestiers assez denses, le plus souvent en taillis, à des boisements clairs, des broussailles et des pelouses. La flore est celle des séries méditerranéennes des chênes vert et pubescent.
L’ensemble présente une unité physionomique certaine, marquée par des boisements dont l’actuelle médiocrité est en grande partie le résultat d’une excessive pression humaine.

Cette variété des paysages et de la végétation, combinée à celle du relief et du climat, aurait pu nous permettre de multiplier à foison le nombre des unités écogéographiques. En tenant compte essentiellement des grandes lignes du relief et d’une surface minimale à prospecter (50 km²) nous avons dans le cadre de cet atlas identifié dix districts, cinq concernant les plateaux, cinq autres les bassins déprimés :

LES PLATEAUX :
– Garrigues deLussan
– Garrigues du Montpelliérais
– Bois de Lens
– Bagnolais
– Garrigues de Nîmes

LES BASSINS:
– Bassin d’Alès
– Bassin de Lédignan
– Gardonnenque
– Sommiérois
– Vaunage.

Les Garrigues de Lussan (8)

Superficie : 528 km²                     carte_district_8

En bleu : les Garrigues avec les garrigues de Lussan en bleu foncé

Communes : Aigaliers, Aiguèze, Argilliers, Belvezet, Bouquet, Brouzet-les-Alès, Castillon-du-Gard, Estézargues, Euzet, Flaux, Fons-sur-Lussan, Fontarèches, Goudargues,
La Bruguière, La Capelle-et-Masmolène, Laval-Saint-Roman, Le Garn, Lirac, Lussan, Méjannes-le-Clap, Mons, Montclus, Monteils, Pouzilhac, Rivières, Rochefort-du-Gard, Saint-Hilaire-d’Ozilhan, Saint-Hippolyte-de-Montaigu, Saint-Just-et-Vacquières, Saint-Laurent-la-Vernède, Saint-Maximin, Saint-Paul-les-Fonts, Saint-Privat-de-Champclos, Saint-Quentin-la-Poterie, Saint-Victor-des-Oules, Saint-Victor-la-Coste, Seynes, Tavel, Tharaux, Vallabrix, Vallérargues, Valliguières.

La falaise caractérise ce district. Où que l’on se trouve, les murailles blanches brûlées de soleil dominent la masse sombre des chênes.

Ce district est le plus vaste du département. Il s’étend des gorges de l’Ardèche au nord, jusqu’au poljé de Pujaut au sud ; il jouxte les dépressions d’Alès à l’ouest, d’Uzès au sud et le Bagnolais à l’est.
Il s’agit en fait de deux massifs reliés entre eux par l’isthme de Saint-Quentin.

Ce vaste plateau calcaire légèrement ondulé présente de nombreux plis parallèles suivant un axe est-ouest. Il s’abaisse du nord au sud : 350 m dans les garrigues ardéchoises, 300 dans celles de Lussan et 200 dans celles de Valliguières. Seul émerge le mont Bouquet, point culminant à 629 m.
La surface d’érosion qui a taillé cette pénéplaine a tranché les voûtes anticlinales et mis à jour des terrains sous-jacents plus tendres. L’érosion fluviatile a par la suite déblayé ces roches tendres, faisant apparaître au coeur des anciens anticlinaux des micro-dépressions orientées est/ouest. Au sud de la Cèze les plus belles sont au nombre de cinq.
La présence de terrains imperméables a favorisé la présence d’anciens lacs qui se sont évidés par des vallées aujourd’hui sèches. L’étang de la Capelle en est un exemple encore vivant aujourd’hui. Cet étang de 56 ha d’une profondeur moyenne d’environ deux mètres couvre le fond d’un synclinal imperméable recouvert par les argiles. Jadis beaucoup plus important, il occupait toute la dépression jusqu’à Pouzilhac et son trop-plein devait se verser autrefois dans la vallée qu’emprunte la RN 86 au nord de Valliguières.
L’omniprésence de ces nombreuses vallées sèches et l’indigence du réseau hydrographique superficiel sont d’autres traits typiques du modelé karstique du plateau (abondance des lapiés, avens et autres résurgences). Notons encore quelques dolines et lavognes, mais surtout la présence de deux poljés dont le plus vaste, celui du Camellié, peut être inondé temporairement.
Néanmoins, le trait le plus remarquable de ce type de relief karstique reste la présence de nombreux et profonds canyons. Le plus important est celui de la Cèze.

Cette région balayée par le mistral offre des contrastes climatiques assez sévères. L’amplitude thermique journalière favorisée par l’albédo de la roche calcaire est la plus forte du département. La température moyenne annuelle varie entre 12°5 au nord et 14°2 au sud. Les précipitations sont orientées par l’axe rhodanien et varient d’est en ouest de 700 à 1300 mm. Seules les combes légèrement abritées du mistral et les ripisylves présentent un microclimat un peu plus tempéré et une végétation plus riante.

Sur les plateaux, c’est le grand domaine des garrigues boisées qui représentent près de la moitié de la surface totale des différents types de peuplements ; elles devancent les taillis et les garrigues non boisées. Il ne reste qu’une portion congrue aux pinèdes pures ou associées à des taillis et autres boisements morcelés.
Le chêne vert est bien sûr l’essence dominante. Il exerce un quasi-monopole dans les garrigues les plus méridionales, comme celles de Valliguières. Mais il doit partager cette prépondérance avec le Chêne pubescent dans les garrigues de Lussan : profitant des terrains plus humides et de Ia réserve en eau du sol suffisante pour compenser la sécheresse estivale, ce dernier l’emporte alors sur le Chêne vert. On le trouve en petits massifs dans les bas-fond des cuvettes et dépressions et même sur les pentes nord des plateaux quand la période sèche se réduit à deux ou trois semaines : forêts de Massargues, Saint-Victor-des-Oules, Montaigu. Enfin aux environs de Lussan, la recolonisation d’anciens pâturages par le Chêne blanc est particulièrement nette.

A l’abri des plateaux arides, confinés au fond des « boutonnières », quelques villages et hameaux autour desquels céréales, cultures industrielles et vignobles se partagent à parts égales l’essentiel de la S.A.U. En vingt ans celle-ci a perdu près de 50% de sa superficie. Les S.T.H. surtout ont fortement reculé. A un degré moindre les céréales ont aussi chuté. Le bétail et les fourrages ont également diminué mais le bon maintien du vignoble est surprenant, surtout dans cette partie du Gard.
Montclus_bre               Les_Concluses_bre
Montclus                                                       Les Concluses de Lussan
(photo Bérenger Remy)
Garrigues_de_Lussan_bre-2       Les Garrigues de Lussan
(Photo Bérenger Rémy)

 

Les garrigues du Montpelliérais (District 9)

Superficie : 305 km²                     carte_district_9

                  En bleu : les Garrigues avec les garrigues du Montpelliérais en bleu foncé

Communes : Bragassargues, Brouzet-les-Quissac, Cannes-et-Clairan, Carnas, Conqueyrac, Corconne, Durfort-et-Saint-Martin-de-Sossenac, Gailhan, La Cadière et Cambo, Lecques, liouc, Logrian-Florian, Orthoux-Sérignac-Quilhan, Pompignan, Puechredon, Quissac, Saint-Hippolyte-du-Fort, Saint-Nazaire-des-Gardies, Sardan, Sauve.

Des étés surchauffés, des hivers rudes, la plaine de Pompignan n’est pas sans présenter des analogies avec les contrées arides du sud de l’Espagne : steppes à perte de vue, graminées et arbustes.

Au sud-ouest de notre département, ce district très hétérogène s’étend de part et d’autre du Vidourle. Il est profondément marqué par de nombreuses failles dues à la phase alpine, orientées sud-sud-ouest/nord-nord-est.

Globalement l’altitude est plus élevée à l’ouest : Mont Haut 527 m à l’ouest de Pompignan, le Leiris 470 m au massif de Coutach et 243 m au bois de Paris qui domine la plaine de Salinelles.
II se présente comme une succession de petits coteaux et plateaux boisés, plus ou moins parallèles à l’arc cévenol, formés d’une alternance de calcaires marneux et plus durs du jurassique (massif de Coutach) et du crétacé inférieur (partie méridionale du dôme de Lédignan), fréquemment entrecoupés de bassins tertiaires d’origine lacustre.

Le Vidourle traverse le coeur du district et collecte de nombreux ruisseaux, Rieumassel, Brestalou, Crieulon, qui s’écoulent dans ces bassins. La plupart de ces cours d’eau tarissent en été ; c’est aussi le cas du Vidourle entre Sauve et Saint-Hippolyte-du-Fort.

A cause de la proximité de l’Aigoual et du Liron, le climat s’apparente plus à celui des Cévennes qu’à celui des garrigues. Il est encore méditerranéen en raison de la sécheresse estivale (environ un mois), mais pourtant assez froid de l’automne au printemps avec d’importantes précipitations : elles s’échelonnent de 800 à 1100 mm/an. Mais l’influence des Cévennes froides se décèle surtout aux températures :
– la température moyenne annuelle est comprise entre 12° et 13° (mêmes valeurs qu’à la Grand-Combe),
– le nombre de jours de gel sur les trois quarts du district est supérieur à 70, soit l’équivalent du mont Aigoual. C’est aussi 50 Jours de plus qu’à Nîmes pourtant à même latitude et éloignée à peine de 60 km à l’est ,
– les températures estivales présentent cette même différence : une température moyenne
mensuelle en juillet aux environs de 20° Contre près de 24° à Nîmes.
Du fait des précipitations brutales et inégalement réparties du climat méditerranéen, le régime des cours d’eau est très irrégulier. Le Vidourle en particulier est célèbre par la violence et la rapidité de ses crues : plus de 7 mètres de montée des eaux en quelques heures le 7 octobre 1958 à Sommières. C’est pourquoi de nombreux barrages écrêteurs de crues ont été construits : Ceyrac, Sauve, la Rouvière.

Mis à part les belles ripisylves qui ourlent les bords du Vidourle et de ses principaux affluents, la forêt se rencontre sur les coteaux. Elle couvre environ 54 % du district. La série dominante est celle du Chêne vert, le pubescent se rencontre localement. Le Pin d’Alep est bien représenté surtout autour de Bragassargues sur les calcaires marneux de la bordure sud du dôme de Lédignan. Cette espèce liée à un stade de transition, qui colonise les friches abandonnées et les secteurs incendiés, forme de belles futaies à l’ombre desquelles le chêne vert en taillis peut s’installer. Ailleurs les garrigues boisées et les taillis (forêt de Coutach) représentent les types de peuplements les plus courants. Les garrigues non boisées basses à genêt scorpion et les landes-pelouses à lavande, thym ne sont pourtant pas réduites au minimum et occupent de beaux espaces surtout dans la plaine de Pompignan.

Avec 28 % de S.A.U., l’agriculture est surtout concentrée dans les vallons. A part le vignoble et les jachères qui se maintiennent, la tendance est à la diminution même pour les pâturages qui occupent la première place avec encore de belles surfaces dans le Pompignanais. Ils sont suivis de près par le vignoble. Les cultures industrielles et les céréales couvrent quelques centaines d’hectares et ces dernières reculent sévèrement. Notons enfin et c’est surprenant, la quasi-disparition des plantes fourragères et la chute réelle du cheptel ovin.

L’impact anthropique dans cette région est faible. L’habitat est groupé et les populations sont concentrées dans de petits villages dont les plus importants restent Sauve et Quissac.

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La plaine de Pompignan
(Photo Jérémy Dechartre)                                              Photo Daniel Bizet)
Plaine_pompignan_jde-2    (Photo Jérémy Dechartre)

 

Le bois de Lens (District 10)

Superficie : 95 km²                        carte_district_10

En bleu : les Garrigues avec le bois de Lens en bleu foncé

Communes : Combas, Crespian, Domessargues, Fons, Maruéjols-les-Gardon, Mauressargues, Montagnac, Montignargues, Montmirat, Saint-Bauzély, Saint-Bénézet, Saint-Mamert-du-Gard, Vic-le-Fesq.
Entourée de plaines peuplées, cette « montagne-île » apparaît singulièrement déserte et sauvage. Elle était le refuge inextricable des Camisards. Savez-vous que les armées du Roi Soleil avaient envisagé de la brûler pour en déloger ces irréductibles ?

Avec une altitude moyenne de 250 m (point culminant au Mounier à 282 m), le Bois de Lens se dresse à la croisée des grandes dépressions du Gard, celles de Lédignan, d’Uzès et de Sommières. Outre son altitude sensiblement plus élevée que celle des bassins voisins, sa forme allongée, 5 km de large au plus et 20 km de long, renforce l’impression de barrière que donne ce massif. C’est un des plus petits districts du Gard.

Ce massif calcaire correspond en fait au flanc oriental du dôme de Lédignan qu’il épouse parfaitement. Son orientation est donc approximativement nord-nord-est/sud-sud-ouest. Les couches sédimentaires sont ainsi très inclinées avec des pentes supérieures à 15%. Dans cette succession de couches plus ou moins tendres, l’érosion a favorisé par endroits la présence de petites corniches de hauteur toujours modeste.

Si on excepte le petit ruisseau intermittent de l’Auriol, le réseau hydrographique est presque inexistant. Notons la présence de la vallée sèche du Doulibre qui s’encaisse dans un des plus petits canyons de notre département.

On entre dans ce district de plein fouet dans le domaine du Chêne vert, surtout noté en garrigues boisées ou non, plus rarement en taillis. Le Pin d’Alep est localement présent en futaies. C’est un district forestier : la couverture forestière avoisine les 85 %. Suite aux incendies, les landes ne sont pas rares de même que les friches, à cause de la déprise agricole.

Avec moins de 5 % de la superficie du district en S.A.U., le Bois de Lens est notre district le moins cultivé. Les terres agricoles sont rares : la cuvette de Robiac n’est plus exploitée que sur un tiers de sa surface et seules les terrasses de Montagnac et le val de l’Auriol sont occupées par la vigne et quelques céréales.

Capitelle_Bois_de_Lens                           Bois_des_Lens_bre-1
Une Capitelle au bois de Lens                                                  Bois de Lens
(Photo Bérenger Rémy)

 

Le Bagnolais (District 11)

Superficie : 380 km²                 carte_district_11

En bleu : les Garrigues avec le Bagnolais en bleu foncé

Communes : Bagnols-sur-Céze, Carsan, Cavillargues, Chusclan, Connaux, Cornillon, Gaujac, Issirac, La Bastide d’Engras, La roque-sur-Céze, Le Pin, Pougnadoresse, Sabran, Saint-Alexandre, Saint-André-de-Roquepertuis, Saint-André-d’Olérargues, Saint-Christol-de-Rodières, Saint-Gervais, Saint-Laurent-de-Carnols, Saint-Marcel-de-Careiret, Saint-Michel-d’Euzet, Saint-Nazaire, Saint-Pons-la-Calm, Salazac, Tresques, Vénéjan, Verfeuil.
Des fayards et des rouvres à faible altitude, voilà qui n’est pas chose courante dans notre région. On pourrait se croire dans une forêt du centre de la France. Pourtant nous sommes bien dans le Gard, sur une piste menant à la léproserie de la forêt de Valbonne.

A l’est des Garrigues de Lussan et au nord de la faille de Roquemaure, ce district offre un paysage original. Les calcaires durs de l’urgonien ont disparu et les terrains variés du crétacé affleurent (sables, marnes, calcaires gréseux). L’inégale résistance de ces terrains à l’érosion a été peu favorable à la conservation de surfaces planes. Cette érosion a dégagé des formes structurales mettant en saillie des bancs durs et déblayant les couches tendres. A côté des collines sableuses aux formes molles (Courac, Sabran), les assises tabulaires des calcaires gréseux dressent fièrement leurs escarpements (plateaux de Lacau, Chusclan). Le point le plus bas du district est à 40 m et le point culminant, au sud de la Chartreuse de Valbonne, à 358 m. Il domine alors de plus de 200 m, les plaines alluviales de la Cèze et de la Tave qui coulent dans les marnes aptiennes.

Les températures moyennes annuelles sont comprises entre 13° et 14°, les précipitations entre 750 et 950 mm. La sécheresse estivale ne dépasse guère un mois et le nombre de jours de gel varie de 40 à 60. Le mistral est omniprésent. Cependant le relief très morcelé génère en fait des combinaisons variées d’influences locales, et au nord de la Cèze s’esquisse déjà la transition vers le climat continental de la France de l’est.

Le réseau hydrographique comprend essentiellement deux bassins versants orientés NO/SE :
– celui de la Cèze d’origine montagnarde qui a un régime torrentiel très marqué,
– celui de son principal affluent en rive droite la Tave, rivière autochtone dont le cours grossièrement parallèle à la Cèze a été fixé par un ancien synclinal.
En été, les petits affluents de ces deux rivières sont la plupart du temps à sec et l’étiage de la Tave est même fortement prononcé. Notons enfin la présence de quelques mares mais surtout l’abondance de sources au contact des sables ou des argiles qui jalonnent parfois le pied des talus. Elles ont permis la dispersion de l’habitat en grands mas et donnent à ce district un caractère verdoyant.
La particularité du Bagnolais tient à la présence conjointe de nombreuses essences et de peuplements très disparates formant une véritable mosaïque. Mais la forêt de Valbonne mérite attention tant elle apparaît comme un peuplement forestier véritablement original à cette altitude faible. A la faveur des vallons frais et des sols siliceux humides et fertiles formés par la décomposition des sables albiens, le chêne sessile de l’étage collinéen non méditerranéen et le hêtre de l’étage montagnard apparaissent à l’état relique mélangés au chêne pubescent.
Ce dernier trouve dans ce district des conditions écologiques beaucoup plus riches que sur les Garrigues de Lussan. Sur les sables et grès humides et frais du crétacé supérieur il est bien représenté en grandes surfaces. Citons, outre la forêt de Valbonne, le bois de Sabran, la vallée de la Tave et la région à l’est de Verfeuil. Le chêne vert reste présent sur les plateaux calcaires plus arides de Lacau et de Chusclan.

Aujourd’hui près de 40% de la surface est cultivée. Le vignoble est omniprésent, il progresse même depuis 20 ans et représente près de 75% de la S.A.U. Ponctuellement on note aussi des céréales, des vergers et de plus en plus des cultures maraîchères comme les asperges par exemple. Les prairies reculent et ne représentent que quelques dizaines d’hectares tout comme les labours et les fourrages.

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Cascades du Sautadet à la Roque sur Cèze                                    Ripisylve de la Cèze
(Photo Daniel Bizet)                                                        (Photo Didier Daycard)

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Mazet à La Roque-sur-Cèze
(Photo Daniel Bizet)

 

Les garrigues de Nîmes (District 12)

Superficie : 370 km²                   carte_district_12

En bleu : les Garrigues avec les garrigues de Nîmes en bleu foncé

Communes : Cabrières, Caveirac, Clarensac, Langlade, Lédenon, Nages-et-Solorgues, Nîmes, Parignargues, Poulx, saint-Bonnet-du-Gard, Saint-Côme-et-Maruéjols, Sainte-Anastasie.
« Le salaire de la peur » : les scènes exotiques de ce film d’anthologie ont eu pour décor tropical… les gorges du Gardon et les fameux lacets qui conduisent à la Baume.

Ce district a la forme d’un croissant orienté nord-est/sud-ouest. Il est limité au nord et au sud par les bassins de la Gardonnenque et du Vistre et enserre en tenaille au sud-ouest la macro-combe de la Vaunage.

Ce pays au relief confus doit son originalité à la nature calcaire du sous-sol : une série de calcaires très durs et très épais qui surmontent des calcaires marneux. Ces couches ont été plissées au tertiaire suivant une orientation est-ouest puis arasées par l’érosion ultérieure. Les anticlinaux une fois décapités, l’érosion a dégagé les couches tendres et créé ainsi des « combes » ou vallons plus ou moins parallèles les uns aux autres (Vallongue, la Barben…). Globalement ces terrains imperméables sont plus nombreux dans la partie sud-ouest et on peut distinguer la « garrigue rocheuse » du nord et la « garrigue marno-calcaire » du sud.
Cet ensemble de collines et de plateaux culmine à 213 mètres. L’altitude moyenne est comprise entre 200 et 210 m et correspond à l’ancienne surface d’érosion où les formes karstiques prédominent aujourd’hui.
Les formes dues à la dissolution des calcaires ne sont pas rares surtout dans la « garrigue rocheuse ». Il s’agit surtout de lapiés, avens et grottes. Les dolines sont moins nombreuses mais peuvent donner naissance à de véritables ouvalas comme celle du mas Saint-Nicolas.

Les formes dues au ruissellement sont importantes dans ces garrigues nîmoises. Il faut d’abord citer le Gard, rivière allogène qui traverse le nord du district dans un canyon étroit et sauvage, long de 29 km offrant de beaux méandres encaissés. Dans cette vallée surimposée, les eaux du Gard disparaissent en été sur plus de 10 km pour réapparaître en aval de Saint-Nicolas. Les vallées sèches sont légion. Elles sont de deux sortes : les premières, liées à la structure plissée des garrigues, ont une orientation est-ouest. Les secondes, liées aux niveaux de base relativement bas pour le massif (lit du Gardon au nord et vallée du Vistre au sud) ont donné une grande force érosive à des ruisseaux d’orientation nord-sud : les « cadereaux ». Ils n’ont d’eau qu’exceptionnellement, après de violents orages et peuvent provoquer par la forte déclivité de leur thalweg de violentes crues. Tout le monde a encore en mémoire la catastrophe du 3 octobre 1988 à Nîmes qui témoigne par son excès de la rigueur du climat méditerranéen : en 8 heures il est tombé entre 250 et 400 mm d’eau !
Les précipitations annuelles sont comprises entre 720 et 850 mm et la température moyenne annuelle est supérieure à 13°6. La sécheresse estivale est supérieure à deux mois, la température moyenne de juillet oscille autour de 23° et le nombre de jours de gel varie entre 20 et 30.

L’ancienne forêt de Chêne vert a été fortement dégradée par l’homme, l’élevage ovin et les incendies. Aujourd’hui elle ne subsiste que localement sous forme de taillis. C’est ici le domaine des garrigues par excellence, garrigues boisées ou non boisées qui représentent plus de 95% de la surface des peuplements forestiers. Le Chêne pubescent apparaît au nord du district dans les endroits plus frais, sur les glacis, autour de la Calmette. Notons enfin la présence ponctuelle de futaies de conifères, Pins d’Alep essentiellement.

Anciennement cultivées, les garrigues sont parsemées d’un réseau de lignes de pierre les « clapas » dressés lors de l’épierrage des champs. La plupart de ces champs sont aujourd’hui des friches et des landes à asphodèles et Chênes kermès. Les surfaces agricoles actuelles se concentrent dans les vallons et autour des zones déprimées de Lédenon et Cabrières. La S.A.U. est globalement stable depuis 20 ans. Malgré un léger recul, les terres viticoles sont les plus nombreuses. Les vergers et les jachères sont en forte progression alors que les T.L. et en particulier les céréales diminuent légèrement.

Dans ce district la pression urbaine est omniprésente. La ville de Nîmes s’étend fortement et des villages comme Poulx ou Cabrières voient leur population s’accroître démesurément.

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Le Gardon à Russan                                                             Le Pont du Gard
(Photo Bérenger Remy)
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Les gorges du Gardon
(Photo Edith Weihreter)

 

Le bassin d’Alès (District 13)

Superficie : 350 km²                               carte_district_13

En bleu : les Garrigues avec le bassin d’Alès en bleu foncé

Communes : Alès, Allègre, Bagard, Barjac, Boisset-et-Gaujac, Cardet, Les Mages, Les Plans, Lézan, Massanes, Massillargues-Attuech, Méjannes-les-Alès, Navacelles, Potelières, Ribaute-les-Tavernes, Rochegude, Saint-Christol-lès-Alès, Saint-Denis, Saint-Hilaire-de-Brethmas, Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avejan, Saint-Julien-de-Cassagnas, Saint-Privat-des-Vieux, Saint-Victor-de-Malcap, Salindres, Servas.
En aval d’Anduze, le torrent cévenol capricieux se plaît à serpenter nonchalamment dans la plaine. Il est alors bordé de belles forêts galeries, les ripisylves squattées, l’été venu, par de nombreux touristes à la recherche d’un peu de fraîcheur.

Cette longue dépression orientée nord-est/sud-ouest et large de 6 km environ s’étend en gros entre deux failles. A l’ouest celle des Cévennes marque l’escarpement cévenol et à l’est celle de Barjac délimite les Garrigues de Lussan. Au sud, il vient buter contre le rebord septentrional du dôme anticlinal de Lédignan et au nord, il se prolonge en Ardèche.

Ce bassin oligocène résulte d’un fossé d’effondrement dont le fond est descendu par saccades pendant une partie de l’ère tertiaire. Il était occupé jadis par un lac probablement peu profond qui n’a pas été comblé rapidement par les matériaux descendus des hauteurs voisines, justement à cause de ces abaissements successifs. Ce phénomène dit de subsidence a permis l’accumulation d’une série très épaisse de matériaux lacustres d’où émergent les klippes sédimentaires qui jalonnent les rives de l’Avène au sud de Salindres et les buttes crétacées au nord du Gardon d’Anduze.
Cette longue pénéplaine a une altitude moyenne d’environ 160 mètres (260 m au nord, près de Barjac et 90 m au sud).

Les températures moyennes annuelles s’échelonnent entre 12°5 à Saint-Ambroix et 13°3 près d’Alès. Les précipitations annuelles varient entre 1000 mm à l’est et 1200 mm à l’ouest. La sécheresse estivale ne dépasse guère un mois et le nombre de jours ou la température est inférieure à 0° oscille entre 40 et 55.

Les eaux de surface se répartissent en deux bassins tributaires du Rhône : au nord celui de la Cèze, au sud celui du Gard dont le cours d’eau est formé par la confluence des Gardons d’Anduze et d’Alès. Ces rivières et leurs principaux affluents, l’Auzonnet pour la Cèze et l’Avène pour le Gardon d’Alès sont issues des Cévennes. Cette allogénie provoque deux traits typiques de l’hydrologie du district :
– un régime irrégulier, conséquence de l’abondance des pluies brutales sur le versant oriental des Cévennes imperméables,
– la diminution toute aussi brutale de la pente de ces cours d’eau à leur sortie du talus cévenol provoque un serpentement important du lit de la rivière au milieu d’alluvions tout aussi conséquentes avec un lit majeur parfois supérieur à 2 km. Par ailleurs la présence de pertes d’origine karstique peut entraîner en étiage la quasi-disparition de l’écoulement superficiel sur certains tronçons de leur cours (Gardon, Avène, Auzonnet) et le tarissement presque total de ces deux dernières lors des périodes de sécheresse.

Sur ces alluvions fluviatiles, de belles ripisylves se développent le long de tous les cours d’eau, la principale étant sur le Gardon d’Anduze. Elles constituent la particularité la plus remarquable du district sur le plan de la végétation. Ces galeries forestières sont composées d’aulnes, de frênes, de peupliers et de fourrés de saules. Ces peuplements remarquables en général denses, peuvent atteindre vingt mètres de haut.
De plus, il faut noter sur les quelques buttes de ce district la présence de peuplements de chêne vert (et à un degré moindre de chêne pubescent) présents surtout en garrigues boisées et en taillis. Les conifères, pin maritime, pin d’Alep, pin pignon, mais surtout pin noir sont présents dans les boisements morcelés. Les garrigues non boisées sont rares et les landes inexistantes.
Cette plaine est largement cultivée (plus de 45% de la surface totale) grâce aux possibilités d’irrigation offertes par les nappes alluviales. Elle est essentiellement le domaine des céréales puis celui du vignoble qui accuse un réel recul depuis vingt ans. Cependant ce type de production agricole n’est pas le seul à chuter : les vergers ont pratiquement disparu et les S.T.H. perdent plus de 75% de leur surface. Au contraire, les cultures industrielles et maraîchères progressent tout comme les jachères, mais cet accroissement ne comble pas le déficit en­gendré par le recul spectaculaire des S.T.H. Au total, c’est près de 30% de la S.A.U. qui a disparu entre les deux derniers R.G.A.

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Allègre-les-Fumades                                                 L’abîme à Salindres
(Photo Daniel Bizet)                                                (Photo Matthieu Geng)
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La Cèze à Saint-Denis
Photo André Sala)

 

Le bassin de Lédignan (District 14)

Superficie : 115 km²                        carte_district_14

En bleu : les Garrigues avec le bassin de Lédignan en bleu foncé

Communes : Aigremont, Canaules-et-Argentières, Lédignan, Moulézan, Saint-Jean-de-Crieulon, Saint-Jean-de-Serres, Saint-Théodorit, Savignargues.
Oasis de fraîcheur, la retenue d’eau du barrage de la Rouvière est le paradis des pêcheurs, des écrevisses qui y pullulent et accessoirement un site intéressant pour les ornithologues de tout poil !

Au sud de la plaine d’Alès et à l’ouest des Cévennes calcaires, le bassin de Lédignan s’étend irrégulièrement entre les premières collines du Montpelliérais au sud et le massif du Bois de Lens à l’est.

L’altitude d’ensemble est modérée, voisine de 100 m. Cependant cette plaine est légèrement inclinée du nord au sud :
– 162 m à Coste Longue, point le plus haut à l’est de Lézan,
– 45 m à l’ouest de Vic-le-Fesc, à l’endroit où le Vidourle pénètre dans le Lédignanais.
II s’agit d’un dôme anticlinal largement érodé. Cela se traduit dans la morphologie par des collines ceinturant régulièrement une vaste plaine marneuse où pointent les petites collines de calcaire argileux au sud de Saint-Jean-de-Serres.

Deux affluents du Vidourle qui tarissent chaque été se partagent ce district :
– à l’ouest, la Courme alimente une petite mare pérenne,
– à l’est, le Crieulon se jette dans le plan d’eau du barrage de la Rouvière.

Les moyennes climatiques diffèrent relativement de celles de la plaine d’Alès. Si les précipitations annuelles sont globalement moins importantes, comprises du nord au sud entre 1100 et 850 mm, les températures sont plus froides et ce malgré la position plus méridionale de ce district. En effet ses marges sud commencent à ressentir les effets des coulées d’air froid du massif Aigoual-Liron :
– le nombre de jours où la température est inférieure à 00 est compris entre 45 et 70,
– les températures moyennes annuelles s’échelonnent de 12°7 à 13°7 d’est en ouest.

Dans ce paysage de bocage, outre la belle ripisylve qui borde le Vidourle à Vic-le-Fesc, trois types de peuplements de très faible étendue ont été recensés :
– 290 hectares de garrigues boisées dont plus de 200 en chêne vert et le reste en pubescent sur les marnes à l’est d’Aigremont,
– 150 hectares de boisements morcelés à conifères (pin d’Alep surtout, mais aussi pin pignon) à
l’ouest de Lézan,
– 120 hectares de garrigues non boisées sur les petites collines de Saint-Jean-de-Serres.

Cette cuvette est essentiellement agricole avec plus de 70% de la surface totale du district en culture. Dans une S.A.U. stable entre les deux derniers R.G.A., on note deux types d’évolution :
– une forte hausse des jachères et des friches ainsi que des cultures industrielles qui comblent la
quasi-disparition des fourrages et des S.T.H.,
– une augmentation du vignoble, une des seules dans le Gard. Il occupe près de 65% de la S.A.U.

Cette prépondérance agricole s’accompagne de l’essaimage de nombreux mas et petits villages.

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Bassin de Lédignan                                                           Plaine de Lédignan
(Photo Cyrille Sabran)                                                     (Photo Daniel Bizet)
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Saint-Jean-de-Serres
(Photo Cyrille Sabran)

 

La Gardonnenque (District 15)

Superficie : 425 km²                            carte_district_15

En bleu : les Garrigues avec la Gardonnenque en bleu foncé

Communes : Arpaillargues-et-Aureillac, Aubussargues, Baron, Blauzac, Boucoiran-et-Nozières, Bourdic, Brignon, Cassagnoles, Castelnau-Valence, Collias, Collorgues, Cruviers-Lascours, Deaux, Dions, Foissac, Gajan, Garrigues-Sainte-Eulalie, La Calmette, La Rouvière, Martignargues, Montaren-et-Saint-Médiers, Moussac, Ners, Saint-Cézaire-de-Gauzignan, Saint-Chaptes, Saint-Dézéry, Saint-Etienne-de-l’Olm, Saint-Geniès-de-Malgoirès, Saint-Hippolyte-de-Caton, Saint-Jean-de-Ceyrargues, Saint-Maurice-de-Cazevieille, Saint-Siffret, Sanilhac-Sagriès, Sauzet, Serviers-et-Labaume, Uzès, Vers-Pont-du-Gard, Vézénobres.

Au coeur de la plaine de Saint-Chaptes subsistent quelques hectares de friches, îlots de survie pour quelques oiseaux de la steppe originelle.

Ce district est ceinturé au nord et à l’est par les plateaux urgoniens des Garrigues de Lussan, au sud par celui de Nîmes et à l’ouest par le rebord oriental du dôme de Lédignan (le Bois de Lens) et le bassin d’effondrement d’Alès.

Dans ce bassin tertiaire occupé par de la molasse, l’hétérogénéité et le manque de résistance de la roche ont grandement facilité le travail de l’érosion. La grande variété des faciès et leur faible épaisseur n’a guère permis l’apparition de véritables escarpements de rupture. Cette érosion a souvent dégagé des fouillis de collines dominant des plaines plus ou moins étendues.

On peut y distinguer trois régions :
– les bancs gréseux résistants forment les reliefs les plus « nets » comme les mamelons arrondis du nord de Moussac où s’élève l’Arque de Baron, point culminant du district, à 242 m,
– plus au sud, le bassin oligocène de Saint-Chaptes est d’origine laguno-lacustre, de formation très semblable à celui d’Alès, il domine à l’est par le front de cuesta de Blauzac-Arpaillargues la troisième région,
– la dépression d’Uzès tout d’abord noyée par la mer Eocène puis affouillée par l’Alzon et son
principal affluent le ruisseau de Seynes.
Le Gard principale rivière du district s’écoule à l’ouest le long du Bois de Lens. Son lit majeur de sables, graviers et galets surmontés d’une couverture limoneuse est exceptionnellement large. II atteint aux environs de Saint-Chaptes près de 4 km. Il reçoit en rive droite la Droude, mais surtout le Bourdic qui s’écoule paresseusement dans un lit d’alluvions sablo-limoneuses.
Favorisées par ces alluvions, de belles ripisylves se développent et habillent les rives de tous les cours d’eaux : Droude, Bourdic, Alzon, Seynes. Celle du Gard surtout est impressionnante, qui peut atteindre par endroits près d’un kilomètre de large !
Outre ces peuplements ripicoles, les boisements sont constitués à part égale de chêne vert et de pubescent. Ils occupent 12% de la surface. Ce sont surtout des garrigues boisées ou non, à un degré moindre des taillis. On retrouve ces formations sur les collines au nord de Moussac.
Les landes sont faiblement représentées mais il faut cependant noter la présence d’une belle lande-garrigue xérophile de la série mixte des chênes vert et pubescent dans la plaine de Saint-Chaptes.

Protégée des effets des coulées d’air froid du massif Aigoual/Liron par la barrière du Bois de Lens, ce district jouit d’un climat plus clément, pluvieux en automne et au printemps (précipitations comprises entre 750 et 1000 mm), frais l’hiver mais chaud l’été. La température annuelle moyenne tourne aux alentours de 14°. Au nord des Garrigues de Nîmes la sécheresse est égale à deux mois. Ce bassin est situé dans l’axe d’influence de la mer Méditerranée chaude, ainsi il y a « seulement » 50 jours par an où des températures inférieures à 0° ont été relevées, alors qu’il y en a plus de 70 dans les Garrigues du Montpelliérais.

Grâce aux nappes alluviales importantes et au sol riche, l’agriculture est très diversifiée. Le vignoble qui reste de justesse la principale activité agricole du district se stabilise, tandis que les cultures céréalières, les pâturages et les vergers régressent fortement. Malgré leurs fortes progressions ces vingt dernières années, les cultures industrielles et les jachères ne comblent pas le recul de ces cultures.

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Site PGM à Gajan                                                                         Blés à Blauzac
Photos ( Daniel Bizet)

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Le Gardon à Saint-Chaptes                                                Vézénobres

Le Sommiérois (District 16)

Superficie : 120 km²        carte_district_16

En bleu : les Garrigues avec le Sommiérois en bleu foncé

Communes : Aigues-Vives, Aspères, Aubais, Aujargues, Fontanès, Junas, Montpezat, Saint-Clément, Salinelles, Sommières, Souvignargues, Villevieille
Aux confins du Gard, la plaine de Salinelles est attachante à plus d’un titre : sa chapelle romane, les ondulations douces d’un paysage d’openfield et en contrebas la ligne sombre de la ripisylve du Vidourle.

Cerné au nord, à l’ouest et à l’est par trois massifs calcaires des garrigues gardoises, ce petit district est limité au sud-est par les bombements des collines d’Aigues-Vives. Au sud-ouest, il atteint la limite départementale.

Il comprend essentiellement un bassin lacustre oligocène semblable à celui d’Uzès, auquel nous avons rattaché les collines de calcaires marneux aux formes très arrondies de la région d’Aigues-Vives. Cette plaine n’est pourtant pas dépourvue de reliefs : de part et d’autre du Vidourle qui traverse ce district avant de servir de limite départementale dans le sud, des mamelons se dressent atteignant environ 100 m d’altitude (bois des Boulous : 139 m).

Le climat méditerranéen est marqué avec deux mois de sécheresse estivale. Si les précipitations sont inférieures à 800 mm par an, la température moyenne sur l’année est à peine supérieure à 13° et la moyenne annuelle des températures du mois de juillet est voisine de 22°4 contre près 24° à Nîmes. En effet, guidées par le cours du Vidourle, les retombées froides de l’Aigoual-Liron se font encore sentir et le nombre de jours où la température descend en dessous de 0° est supérieur à 60 !

Avec les principaux affluents du Vidourle, Quiquillan, Corbières et Aigalade qui tarissent l’été venu et un Vidourle dompté par les barrages écrêteurs de crues, Sommières aujourd’hui dort un peu plus tranquillement.

Les peuplements forestiers sont assez diversifiés, mais les garrigues boisées et non boisées en sont cependant les éléments les plus remarquables. Parmi les feuillus, la série du chêne vert est fortement représentée. Notons la présence de peuplements hygrophiles de bonne tenue dans les ripisylves qui bordent le Vidourle et ses principaux affluents en particulier le valat des Corbières. Parmi les conifères le pin d’Alep forme de belles futaies et le pin pignon fait une timide apparition.

Si les forêts se sont ainsi bien maintenues sur les collines, l’homme a cultivé les plaines en utilisant la nappe phréatique toute proche. Cependant depuis vingt ans, le terroir agricole diminue assez légèrement et la S.A.U. ne représente encore aujourd’hui que 45% de la surface totale contre plus de 50% autrefois. Globalement tous les secteurs reculent sauf les jachères, les vergers, les cultures maraîchères et fourragères. Le vignoble reste l’élément du paysage le plus important. Notons aussi la quasi-disparition des prairies, la baisse des céréales et l’absence des cultures industrielles.

Facile d’accès, à proximité et à mi-chemin de grands pôles urbains (Nîmes, Montpellier) cette région connaît un fort accroissement des résidences secondaires.

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Le Vidourle à Lecques
(Photo Daniel Bizet)

 

La Vaunage (District 17)

Superficie : 50 km²            carte_district_17

En bleu : les Garrigues avec la Vaunage en bleu foncé

Communes : Boissières, Calvisson, Congéniès, Saint-Dionisy.
En quittant Nîmes par la route de Sommières, le voyageur est frappé, après avoir passé le village de Caveirac de voir s’entrouvrir une large dépression couronnée de quelques petites crêtes rocheuses. Ce bassin est le plus petit de nos districts : la Vaunage (de « val de Nages », un des villages de cette combe).

Après les soubresauts de la phase pyrénéo-provençale, le plateau tabulaire des garrigues s’est plissé. En tranchant les anticlinaux, la surface d’érosion qui a suivi a mis à jour des couches tendres auparavant abritées par les couches dures de l’urgonien. L’érosion en déblayant ces couches tendres a fait apparaître des combes enchâssées dans la garrigue au coeur des anticlinaux. La Vaunage est une de ces combes, mais la plus grande de toutes car le travail érosif a été ici facilité par la présence de failles. Notons aussi au nord du district la présence d’une butte témoin dégagée du front de cuesta, le puech de Mauressip.
Cette dépression ou boutonnière est unique par sa taille dans les garrigues nîmoises. Elle méritait bien alors un district à elle toute seule.
Le climat est le même que celui des Garrigues de Nîmes avec cependant, grâce à la percée d’Aigues-Vives, des remontées de brises marines qui diminuent l’amplitude thermique journalière.

Les peuplements forestiers sont presque inexistants hormis les pentes tapissées de chêne vert de Mauressip. Seuls demeurent deux micro-pinèdes, quelques arbres de parcs et des alignements de platanes. La ripisylve qui devait border le Rhony (principal ruisseau du district qui tarit souvent l’été venu) a été totalement détruite.

Ici, c’est le domaine de l’agriculture par excellence. L’ancienne « petite Canaan », cette boutonnière marneuse fertile (complexe de formations de piémonts : limons mélangés aux débris calcaires) était jadis le domaine du blé. Aujourd’hui, la vigne est la principale culture. Depuis ces dernières années elle connaît cependant une forte régression au profit des terres labourables et des jachères. Notons la présence de quelques vergers et l’absence de pâturages.
Au dernier recensement agricole, en 1988, 80% de la surface du bassin vaunageol était encore en S.A.U. Mais cette surface, face à la pression péri-urbaine de la ville de Nîmes, ne cesse de se réduire. En effet ce ne sont pas moins de onze petits villages et hameaux , assis au pied des collines, qui drainent chaque soir des actifs nîmois de plus en plus nombreux.

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Vues  sur la Vaunage
(Photo Daniel Bizet)

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