Les plaines

Le palier inférieur de l’amphithéâtre gardois fait partie de la grande zone d’affaissement du pourtour du Massif Central. II est dominé de 100 à 150 mètres environ par les massifs carbonatés des garrigues gardoises au nord et à l’ouest. Dans notre département la construction de cette plaine s’est effectuée en deux temps.

LA PLAINE ALLUVIALE ANCIENNE

A la fin du secondaire la naissance du Massif Central ne s’est pas faite sans heurts. Elle a provoqué de nombreuses fractures qui sillonnent notre région. La faille de Nîmes, rebord méridional actuel des garrigues nîmoises, en est une. Elle marque le contact entre l’aire d’affaissement du Bas-Rhône et la région de soulèvement du Massif Central. Elle a entraîné l’enfoncement au sud des terrains crétacés des garrigues sur près de mille mètres. Dans cette région affaissée des sédiments se sont déposés jusqu’au quaternaire ancien :
– d’abord des dépôts marins (sables, marnes) de l’ancienne mer Pliocène,
– puis une accumulation de dépôts continentaux : cailloutis fluvio-glaciaires d’origine alpine, apportés par le Rhône qui coulait à
l’emplacement actuel des fossés de Pujaut et de la Vistrenque et dépôts de loess apportés par les vents du nord secs et froids.

LA PLAINE ALLUVIALE RECENTE

Au quaternaire moyen des mouvements tectoniques ont bouleversé cet agencement. Un compartiment se soulevait : les Costières, un autre s’enfonçait : la Vistrenque. En même temps ces mouvements ont amené le Rhône à abandonner son lit le long des garrigues pour une ligne d’écoulement voisine de son cours actuel. II a alors joué un rôle essentiel dans la construction de la plaine côtière au sud des Costières : la Camargue.
Cette construction résulte de deux éléments :
– l’apport considérable et l’accumulation d’alluvions fines véhiculées par le Rhône et accessoirement par le Vistre et le Vidourle ont permis l’extension progressive de la plaine vers le sud. Cette progression a été facilitée par la divagation des cours de ces fleuves et plus particulièrement de celui du Rhône. Ses emplacements anciens aujourd’hui abandonnés sont faciles à localiser sur une carte : Rhônes Vif, Mort et de Saint-Roman.
– le fort courant côtier provoqué par les vents de sud-est permet aux vagues de construire à l’aide des matériaux déversés par le Rhône des cordons littoraux successifs qui vont isoler des lagunes. Celles-ci se transforment à leur tour en étangs puis marais progressivement comblés. L’étang colmaté passe ainsi du marécage à la sansouïre, puis à l’engane et enfin aux pâturages.
On comprend dès lors aisément que le trait dominant de cette région est l’eau, présente partout : nombreux étangs, nappes aquifères proches de la surface, sols hydromorphes et trois fleuves : Vidourle, Vistre et Rhône.
Le long de ce dernier les phénomènes d’alluvionnement l’emportent : la pente est faible et la vitesse des eaux diminuant, le Rhône chargé d’alluvions a tendance a déposer une partie de sa charge et à déplacer son cours. Cette situation se traduit par l’édification de nombreuses îles, par l’existence de bras morts (lônes) et enfin par la construction du delta à partir de Fourques (étymologiquement : la fourche du Rhône).
Cette région formée presque exclusivement de cailloutis est très peu accidentée. Seuls les coteaux de la région de Villeneuve-lès-Avignon, anciennes îles de la mer Pliocène présentent un peu plus de vigueur.
L’absence de relief soumet la plaine au climat méditerranéen franc : chaud, mais cependant pluvieux (600 à 900 mm par an). L’automne reste la saison la plus arrosée, influencée par les vents humides du sud. La sécheresse est importante, supérieure à 3 mois et l’ensoleillement également : plus de 2600 heures par an. Les températures sont élevées (moyenne de juillet, 22°). Cependant la présence de l’eau et de la mer toute proche réduit l’amplitude thermique journalière par rapport aux garrigues. Le mistral est omniprésent, tout comme les haies de cyprès. Ces brise-vent permettent de freiner l’évaporation importante due à la fréquence de ce vent desséchant.
Car cette région est fortement marquée par l’agriculture ; les terrasses de la vallée du Rhône, les alluvions des Costières et de la plaine littorale portent des vignobles, des vergers, des cultures maraîchères, industrielles et céréalières. La forêt est quasiment absente, localisée sur les coteaux, Ies terrains pauvres et au bord des fleuves.
Malgré sa grande surface, cette région est bien compartimentée, 4 districts apparaissent clairement, 3 dans la plaine alluviale ancienne :
– Coteaux du Rhône,
– Vistrenque,
– Costières du Gard,
et le dernier, la Petite Camargue, correspond à la plaine alluviale récente.

Les Coteaux du Rhône (District 18)

Superficie : 400 km²             carte_district_21

 

                                       En bleu : les Plaines avec les coteaux du Rhône en bleu foncé

Communes : Aramon, Codolet, Comps, Domazan, Fournès, Laudun, Les Angles, Montfaucon, Montfrin, Orsan, Pont-Saint-Esprit, Pujaut, Remoulins, Roquemaure, Saint-Etienne-des-Sorts, Saint-Geniès-de-Comolas, Saint-Julien-de-Peyrolas, Saint-Laurent-des-Arbres, Saint-Paulet-de-Caisson, Sauveterre, Saze, Sernhac, Théziers, Vallabrègues, Villeneuve-lès-Avignon.

Il ne reste plus grand chose du Fleuve-roi, aujourd’hui bétonné et canalisé. Seuls quelques îles, lônes et vestiges de l’antique forêt ripicole rappellent sa splendeur passée.

En aval des garrigues, limité à l’est par le Rhône, ce district s’étire du nord au sud de Saint-Martin-d’Ardèche à Beaucaire.

Au début de l’ère quaternaire, il y a environ un million d’années, sur ce parcours de plus de 70 km le Rhône et ses principaux affluents (Ardèche, Cèze et Gard) ont charrié de grandes quantités de matériaux arrachés aux montagnes voisines et ont édifié un système complexe de lits, glacis et surtout terrasses bien développées et disposées en gradins.
Aujourd’hui ces rivières s’écoulent sur un lit d’alluvions de plusieurs mètres d’épaisseur. De larges terrasses d’alluvions anciennes (cailloutis et graviers) comme celle de la forêt de Clary par exemple dominent par un beau rebord la large plaine alluviale formée d’alluvions récentes de matériaux sableux, argileux et limoneux.
Ce district légèrement en pente (40 m au nord et 10 m au sud) atteint sa plus grande largeur au sud où il inclut le fossé d’effondrement de Pujaut-Rochefort (ancien cours du Rhône). Au milieu de cette plaine se dressent les escarpements calcaires des collines aux versants décharnés d’Aramon (point culminant du district à 197 m).

Comme on l’a déjà écrit, c’est le réseau hydrographique et en particulier le Rhône qui est le trait dominant de ce district. Ce dernier sert de limite orientale au département sauf à la hauteur des communes de Vallabrègues, de Montfaucon et de Pujaut où elle emprunte le tracé d’un de ses anciens cours : les deux rives du Rhône, fait plutôt « singulier », sont alors gardoises. Ce fleuve autrefois capricieux (en 1963 à Pont-St-Esprit, il avait un débit deux fois supérieur au débit moyen du Nil à Assouan) a été domestiqué. Dès le treizième siècle les constructions de digues pour lutter contre les crues se multiplient. Plus tard avec l’aménagement en grande voie navigable c’est la construction de 3 grands barrages : Vallabrègues, Caderousse et Barthelasse. De part et d’autre de cette « route » canalisée, seules les lônes (76 ha recensés) gardent un caractère sauvage. Sur l’ancien cours du Rhône, les étangs reliques de Pujaut et de Rochefort ont été drainés et les dernières gravières comblées.

La grande extension en latitude de ce district explique les différences climatiques notables entre le nord et le sud. Les pluies s’échelonnent entre 900 et 700 mm, les températures moyennes annuelles varient entre 13° et 14°5. Le vent est bien entendu omniprésent : ainsi le nombre moyen annuel de jours de vent fort à Marcoule est de 76, contre 66 à Nîmes et 56 à Salindres.

En raison du caractère hétérogène du district, le tapis végétal se présente sous deux aspects principaux. Sur les hauteurs c’est le domaine du chêne vert dans le sud et celui du pubescent dans le nord. Les garrigues non boisées représentent le type de peuplement le plus important loin devant les garrigues boisées et les boisements morcelés. Les taillis sont faiblement représentés et les futaies de conifères encore moins.
Les formations de la plaine proprement dite sont bien différentes. Quelques landes-pelouses qui sont peu à peu mises en culture grâce à l’irrigation et surtout une bande forestière qui longe les fleuves et lônes. Elle est formée d’espèces hygrophiles (peupliers, saules et aulnes) qui recouvrent îles et îlots. Ce ruban forestier se réduit du fait de l’exploitation agricole et industrielle à quelques lambeaux reliques.

En effet la pression anthropique dans ce district est importante :
– fort développement péri-urbain des villes de Pont-St-Esprit, Bagnols et Avignon,
– développement des pôles industriels de Marcoule, l’Ardoise, Aramon.

L’agriculture aussi recule depuis 20 ans. Cependant elle occupe encore plus de la moitié de la surface du district. Le vignoble (en légère progression) et les vergers (en légère diminution) sont les cultures les plus courantes ; les cultures industrielles progressent fortement alors que les céréales diminuent. Plus remarquable est la quasi-disparition des plantes fourragères, des S.T.H. (sauf à Vénéjean sur l’ancien lac comblé au dix-septième siècle) et du cheptel ovin.

 

La Vistrenque (District 19)

Superficie : 220 km²                                      carte_district_19

 

                                                  En bleu : les Plaines avec la Vistrenque en bleu foncé

Marguerittes_rve        Marguerittes
Coucher de soleil à Marguerittes
(Photo Roger Védère)

Communes : Aimargues, Aubord, Bernis, Bezouce, Caissargues, Codognan, Gallargues-le-Montueux, Le Cailar, Marguerittes, Milhaud, Mus, Rodilhan, Saint-Gervasy, Uchaud, Vergèze, Vestric-et-Candiac.

La » Normandie gardoise »: ce terme peut faire sourire car nos taureaux et vachettes n’ont rien de paisibles vaches laitières. Pourtant les prés du Cailar, leur paysage de bocage avec le Vistre qui apporte sa note de fraîcheur, leurs champs de narcisses au printemps, rappellent cette province éloignée.

Située au sud des Garrigues de Nîmes, la Vistrenque est un étroit couloir agricole. Elle n’excède pas 5 km de large. Elle est limitée à l’ouest par le cours du Vidourle et à l’est par l’escarpement de Meynes.

Cette ancienne vallée pliocène du Rhône est aujourd’hui parcourue par le Vistre (seul fleuve complètement gardois) qui recueille presque exclusivement sur sa rive droite les eaux des cadereaux et ceux du Cubelle et du Rhony. Son débit est en moyenne supérieur à 1 m3/seconde et il est toutes proportions gardées plus régulier que son voisin le Vidourle. Celui-ci ne fait qu’effleurer cette région sans même y recueillir les eaux d’un quelconque ruisseau, son bassin versant est presque réduit au lit du fleuve !
Ici la pente est faible : le point culminant à la source du Vistre est à 70 mètres d’altitude et le plus bas à 10 mètres, quand celui-ci pénètre en Camargue 50 kilomètres plus loin.

Enchâssée entre la Costière au sud qui la prive des influences « fraîches » de la brise de mer, et la garrigue au nord qui la protège en partie du vent, la Vistrenque supporte un climat très lourd. L’été est torride et très sec. C’est souvent la région de France la plus chaude en juillet et en août. La température moyenne du mois de juillet à Nîmes-Courbessac pour la période 1966-1990 frôle les 24° contre 23° à Aigues-Mortes plus au sud. Annuellement les températures tournent aux alentours de 14°5 et les précipitations réparties sur 80 jours sont comprises entre 620 et 750 mm.

Cette plaine humide, jadis marécageuse, est maintenant assainie par de nombreux drains profonds et des canaux. Cela a permis le développement de la polyculture qui recule aujourd’hui devant le front d’urbanisation de Nîmes et la multiplication des infrastructures de transports.
La proximité de la nappe phréatique, toujours à moins de 5 m de profondeur, explique le nombre élevé de gravières qui parsèment la basse vallée du Vistre. 27 ha de plans d’eau artificiels ont été comptabilisés.
Actuellement, c’est un peu plus de 75% de la superficie qui est en S.A.U. La vigne régresse fortement (perte de 50% de sa surface en 20 ans) mais reste encore (pour combien de temps ?) la principale production du district. Les terres labourables la talonnent : fortes progressions des céréales et des cultures industrielles.
Les friches et les jachères s’accroissent et les S.T.H. restent stables. Localisées au sud du Cailar ces prairies très humides sont la propriété des manades camarguaises.

Pays de culture et de bouvine, ce district a une végétation forestière réduite à sa plus simple expression : moins de 10 ha de boisements morcelés et de lambeaux de ripisylves. Signalons aussi la présence de quelques landes pelouses xérophiles (forte présence du thym) de la série du Chêne vert.

 

Les Costières du Gard ( District 20)  

carte_district_20

Superficie : 340 km²  En bleu : les Plaines avec les Costières du Gard en bleu foncé

Communes : Beauvoisin, Bellegarde, Bouillargues, Garons, Générac, Jonquières-Saint-Vincent,Manduel, Meynes, Redessan.

Que sont devenues les steppes d’antan ? Les hauteurs des Costières que le vent balaye ont été cloisonnées par d’innombrables haies de cyprès. L’irrigation aidant, les vergers et les vignes ont remplacé les pâtures à moutons.

Situé au sud de la Vistrenque et parallèle à cette dernière, le horst des Costières domine de quelques dizaines de mètres la plaine littorale. A l’est le talus de Meynes qui surplombe la vallée du Gard a été inclus dans ce district.

Ce vaste plateau large de 10 km en moyenne, s’incline en pente douce vers la Vistrenque alors que le rebord méridional est en fait un véritable escarpement.
Ce compartiment a été inégalement soulevé, de façon plus accentuée à l’ouest dans la région de Générac. C’est pourquoi ici la couverture de cailloutis a partiellement disparu, laissant apparaître les sables de la mer Pliocène. L’altitude plus importante a déterminé une érosion hydro-éolienne plus active responsable de la dissection en ravins et puechs.
Dans ce paysage relativement ordonné, les collines ruiniformes de Beaucaire (point culminant du district, l’Aiguille à 152 m), apportent une touche d’originalité.

Le climat des Costières est en tous points comparable à celui de la Vistrenque. Seule peut-être la brise de mer vient rafraîchir quelque peu le rebord méridional.

Dans ce district très perméable couvert d’alluvions rhodaniennes du quaternaire ancien, le réseau hydrographique superficiel est quasiment inexistant hormis le ruisseau de Laval qui profite de la présence d’une nappe phréatique perchée et coule abondamment même pendant les périodes les plus sèches. L’existence de cette nappe aquifère favorise la présence de plans d’eau (plus de 8 ha) dans les imposantes gravières qui crèvent le plateau de part et d’autre de ce ruisseau.
C’est d’ailleurs autour de ce ruisseau que s’est développé le peuplement forestier le plus original des Costières : une très belle ripisylve. Exceptée cette particularité, la forêt est faiblement représentée. Elle est localisée dans les valats au sud de Générac et sur les terrains les plus pentus, notamment sur les calcaires crétacés des collines de Saint-Roman et les rebords méridional et oriental du plateau.
Les types de peuplements sont surtout des boisements morcelés de petite surface, et des garrigues ou maquis boisés, avec de rares futaies résineuses et quelques taillis.
Les feuillus sont mieux représentés que les conifères avec surtout le Chêne vert et accessoirement le pubescent. Parmi les conifères le Pin d’Alep est largement majoritaire suivi des pins maritime et pignon. Les landes sont peu étendues, la pelouse xérophile a presque totalement disparu.

Jadis les Costières étaient probablement couvertes d’une forêt mixte de chênes verts et pubescents. Mais elles ont été mises en culture. Dans la première moitié de ce siècle l’exode rural a permis une reconquête partielle de la végétation qui a atteint localement le stade forestier. Cette évolution progressive a cependant été freinée par l’importance du pâturage et l’exploitation forestière. Depuis 30 ans d’importants travaux d’irrigation ont permis de nouveau l’extension des cultures.
Aujourd’hui, la S.A.U. représente plus des trois quarts de la surface totale du district. Elle subit cependant depuis quelque temps un léger recul.
Le vignoble malgré une baisse réelle (20% de surface en moins) reste le type de paysage le plus fréquent (60% de la S.A.U.) devançant les T.L. (recul conséquent des céréales) puis les vergers (forte progression). Notons enfin l’accroissement considérable des jachères, la présence de friches de plus en plus nombreuses et la baisse sensible des S.T.H. qui ne représentent plus que quelques dizaines d’hectares.
Mas_de_Talen_Aubord_dbi                   Manduel_dbi
Mas de Talen                                                             Manduel
Mas de talen à Aubord                                       Mosaïque de milieux à Manduel
(Photos Daniel Bizet)

 

La petite Camargue (District 21)

Superficie : 440 km²                carte_district_21

                                    En bleu : les Plaines avec la petite Camargue en bleu foncé

Communes : Aigues-Mortes, Beaucaire, Fourques, Le-Grau-du-Roi, Saint-Gilles, Saint-Laurent-d’Aigouze, Vauvert.

De physionomie très particulière cette région est célèbre par ses étangs et par ses terrains salés, parcourus par des manades de taureaux noirs et de chevaux blancs.

Cette plaine côtière est située au sud du rebord des Costières. A l’ouest le Vidourle sert de limite départementale tout comme le Rhône jusqu’en Arles. En aval, si le Grand Rhône est tout entier extra-gardois, le Petit Rhône qui écoule environ 17% des eaux, suit la limite départementale jusqu’à Sylvéréal.

Légèrement en pente, elle n’est pas dépourvue de micro-reliefs (dépressions, alignements dunaires…) dont l’incidence sur les écosystèmes est primordiale : culminant à moins de 12 m d’altitude aux dunes de l’Espiguette (moyenne de 5 m) elle présente une succession d’étangs, de cordons littoraux, d’anciens bras du fleuve et de zones marécageuses dont certaines ont été asséchées, mises en culture et d’autres colmatées.

Du nord au sud, les étapes de colmatage sont de plus en plus avancées.
Au nord de St-Gilles, les marais ont disparu et sur les galets, cailloutis, sables et limons post-würmiens, se sont développés des sols d’alluvions fluviales qui ont été drainés et mis en culture. Au sud, les limons palustres et saumâtres alternent avec des cordons littoraux sableux, le tout portant des marais et des terrains plus ou moins saumâtres.
Au nord du cordon littoral de la Sylve Godesque qui s’étire des bois du Grand Chaumont et Quincandon jusqu’à Sylvéréal, c’est la Camargue fluvio-lacustre. Le travail de colmatage est si avancé qu’il a pu scinder en plusieurs étangs la lagune primitive qui s’étendait de Mauguio à l’est de Scamandre.
Au sud de ce cordon, dans la Camargue laguno-marine, deux anciens cordons littoraux greffés au précédent s’étalent en éventail à partir de l’extrémité orientale de l’étang de Mauguio :
– le premier sur lequel a été construit Aigues-Mortes isole le Lairan,
– le second, domaine de Listel, ferme l’essentiel des Salins du Midi et la Marette. Enfin le littoral
actuel a isolé les étangs du Ponant et du Repausset.

Balayée par des vents qu’aucun relief n’arrête cette région subit un climat très comparable à celui des Costières. Il est cependant un peu moins pluvieux (précipitations annuelles de l’ordre de 600 mm). La température moyenne annuelle est supérieure à 14°5 sur l’ensemble du district. Elle est néanmoins atténuée en bordure du littoral où l’influence marine est perceptible. En outre la présence de la mer diminue l’amplitude thermique journalière. L’aridité estivale dépasse 4 mois au sud d’Aimargues.

Hormis les lambeaux de la ripisylve qui bordent les rives du Rhône et du Petit Rhône (quelques beaux bois au nord de Fourques), la forêt est pratiquement inexistante : des boqueteaux près des mas (sur les anciens cordons littoraux) et en bord de mer quelques boisements pittoresques de Pin pignon et de Genévrier de Phénicie.
Avec près de 3400 ha, les landes sont beaucoup plus étendues. Il s’agit surtout de sansouïres et d’enganes. Au bord des étangs et sur leurs bordures quand les eaux restent saumâtres c’est la « joncasse » (touffe de jonc) et quand la teneur en sel devient très faible, c’est la roselière de près de 4 m de haut. Les étangs du Charnier et du Scamandre possèdent la plus vaste roselière de France.

Depuis le treizième siècle, la Camargue fluvio-lacustre a été l’objet de toutes les convoitises : un seul objectif, l’assèchement des marais pour lutter contre les maladies, et pour la mise en valeur agricole. C’est surtout autour des années 1950/70 que l’effort a été le plus flagrant avec l’assèchement simultané des grands marais de Souteyranne et de la Fosse. Cependant depuis quelques années cet assèchement outrageux (plus de 20 000 ha au total) marque le pas. Aujourd’hui, la S.A.U. qui représente quand même plus de 50% de la surface totale subit un léger recul amorcé voilà 20 ans. Ce sont surtout les prairies, le vignoble et les céréales qui reculent. Ces dernières (surtout le riz) restent cependant avec les cultures industrielles (forte progression) les principales surfaces agricoles devant le vignoble.

Cheval_camarguais_ofo  L-Espiguette_mle
Cheval camarguais                                  L’ Espiguette
Cheval camarguais                                   La Plage
(Photo Odile Fossati)                             (Photo Beranger Rémy)
L-Espiguette_bre
L’Espiguette 2
La Méditerranée au Grau-du-Roi
(Photo Marc Lecacheur)

Pour consulter un autre ensemble, cliquez sur celui de votre choix :

I : les Causses – II : les Cévennes – III : les Garrigues